Michèle, le film

Un film de Laura LARDEUX
Produit par Stephan KALB
Musique originale Emmanuel d'ORLANDO et Thomas PIRONNEAU

Cette histoire de vie est dédiée à tous les patients et patientes atteints de cancer et aux accompagnants qui les aident dans leur combat. Aidez la Recherche contre le cancer, faites un don à VAINCRE LE CANCER

   

L’histoire du film :

Michèle a quatre enfants de trois pères différents, dont moi, son unique fille. Quand on lui annonce qu’elle est atteinte d’un cancer foudroyant, je décide de quitter le Québec où je vis depuis mes études de cinéma, pour l’accompagner dans son combat. Je fais parler celle qui n’a jamais pris le temps de poser ses valises…

L'accompagner dans cette épreuve

Dans mes yeux de petite fille, ma mère était mon héroïne.

Par sa prestance et sa présence, elle occupait le premier rôle dans le film de mon enfance. Et j’étais sa première spectatrice.

Elle me surnommait «l’oeil de Moscou». J’observais minutieusement tous les costumes de son dressing de Wonder Woman, parée à affronter tout obstacle. Sa confiance semblait inébranlable. Elle avait une capacité surhumaine à rebondir dans les drames qui ont jalonné sa vie, valorisant à mes yeux son rôle de mère puissante et sans faille. La place d’un père et d’un mari semblait dérisoire et inutile. Elle était sur tous les fronts. Fière de son image de femme indépendante et libre, elle gravissait les sommets, portant fièrement sa réussite de commerciale dans le domaine de la santé comme un étendard.

Lorsque son cancer foudroyant a été découvert à 56 ans, son armure s’est violemment fissurée. Et le sol s’est dérobé sous mes pieds.

Ma mère n’était finalement pas invincible.

Alors en fin d’études de cinéma documentaire au Québec, j’ai pris le premier avion pour Lyon. Je voulais l’accompagner dans cette épreuve.

Dans la première phase de sa maladie, période où l’espoir des 0,1% de survie s’accroche à l’esprit rongé par l’angoisse, j’ai fait le choix de la filmer dans sa montagne, à la Clusaz.

Je voulais filmer son intimité, la caméra collée à ses émotions. Chaque élément de sa routine journalière devenait un acte de résistance devant l’absence d’avenir que les médecins lui prédestinaient.

Ces médecins, je les détestais. La montagne se dressait face à nous, à la fois comme un rempart nous protégeant du monde extérieur, mais aussi comme un bloc inerte empêchant toute perspective d’évasion. Mais la nature omniprésente était le moyen de se raccrocher à l’instant présent et d’en apprécier toutes ses saveurs. Je voulais immortaliser la force guerrière de ma mère, au quotidien, dans son arène. La caméra nous offrait un espace de confidence, une relation mère-fille singulière. Cet objet me permettait d’aborder ses états d’âme sans confrontation directe.

Au fur et à mesure de notre démarche, ses démons ensevelis depuis des années paraissaient moins effrayants sous la lumière de mon regard et de mon objectif. Sa mise à nue s’est faite en douceur. Pour la première fois, elle retirait le masque. Ma mère s’approchait graduellement de son être profond. Sa prise de conscience sur ses manques et ses échecs s’incarnaient dans son témoignage.

De mon côté, mon rôle de réalisatrice palliait à l’impuissance terrifiante que je ressentais face à sa maladie en tant qu’accompagnante. Être en action sur un projet commun donnait un sens à cette épreuve et à ma propre vie.

Maintenir ma mère dans le monde des vivants

Dans la deuxième phase de son cancer, la mort se dessinait désormais sur son corps devenu fragile. Ma démarche évoluait. Mon regard de cinéaste et de fille ne faisaient plus qu’un. Derrière chaque plan se cachait une volonté de maintenir ma mère dans le monde des vivants. Garder une trace de son existence en gravant sa mémoire sur la pellicule. Et plus la mort se rapprochait d’elle, plus son envie d’espace devenait viscéral. Sa quête d’horizon était devenue sa raison de vivre. Il n’était plus question de filmer seulement son quotidien, je voulais filmer son voyage et l’entrée inéluctable dans la mort, en montrant toute la puissance de vie qui l’habitait. La mer Méditerranée était devenue de plus en plus présente dans nos déplacements. L’ombre de la fin approchant, était contrastée dans mes images par la beauté lumineuse des paysages et par la tendresse et la douceur qu’elle manifestait. Je la mettais en scène dans cet immensité auprès de cette mer tant aimée, pour lui laisser la place de s’incarner enfin entièrement.

Un de ses romans fétiche était « La valse aux adieux », de Milan Kundera. Avec le recul j’ai compris que ce témoignage était finalement le moyen pour elle de réparer les vivants avant son départ. Ma mère, objet et sujet de ce film, souhaitait ainsi livrer un message simple et essentiel.

Merci à tous ceux qui ont contribué à l’existence et la réussite de ce film.

Michèle

Un film bouleversant à voir en avant première sur notre site

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