Union nationale contre le cancer, par Mme Yael BRAUN_PIVET, présidente de l'Assemblée Nationale

Union nationale contre le cancer, par Mme Yael BRAUN_PIVET, présidente de l'Assemblée Nationale

Paris, an 2000. En accueillant le premier Sommet international contre le cancer, la France lançait une mobilisation mondiale inédite pour la recherche. Depuis, grâce à des diagnostics plus précoces et des thérapies innovantes, le taux de survie à 5 ans a progressé : il est ainsi passé de 79 % à 89 % entre 1990 et 2015 pour le cancer du sein, et de 71 % à 92 % pour le cancer de la prostate sur la même période.

Pourtant, la situation demeure préoccupante. Le cancer demeure la première cause de mortalité prématurée en France, avec plus de 160 000 décès annuels. Le taux d’incidence est aussi en augmentation : entre 2003 et 2023, le nombre de nouveaux cas de cancers a été multiplié par 1,4.

Derrière ces statistiques froides, il y a surtout des vies brisées. Des familles endeuillées. Des avenirs suspendus.

Ce combat a touché, touche ou touchera chaque Français dans sa chair. Il m’a aussi personnellement affectée. En janvier 2025, j’ai fait le choix de révéler avoir été atteinte d’un cancer du sein. D’abord par souci de vérité et de transparence. Ensuite, pour encourager au dépistage : car diagnostiqué tôt, un cancer du sein a 90 % de chances de guérir. Enfin, pour que le cancer ne devienne jamais une double peine, médicale et professionnelle, j’ai voulu adresser un message fort au monde du travail pour qu'il devienne bien plus inclusif, en adaptant au maximum les postes : car l’inclusion participe aussi à la guérison.

Face au fléau du cancer, chacun a donc la responsabilité d’agir et de se mobiliser à son échelle. Oui, le cancer est l’affaire de toute la société.

Et bien sûr, d’abord, de l'Assemblée nationale. Sur ces questions-là, il n’y a plus de droite ou de gauche. Les députés sont unis, au-delà des clivages, pour bâtir des avancées concrètes.

La loi du 5 février 2025, votée à l’unanimité par les députés, a ainsi amélioré l’accompagnement des femmes souffrant ou ayant souffert d’un cancer du sein, en limitant autant que possible le reste à charge. C’est une mesure de justice sociale attendue par 900 000 patientes : forfait journalier, soins de support, prothèses... tout doit être couvert par la solidarité nationale. Aujourd'hui, comme législateurs, nous restons d'une vigilance absolue sur la mise en œuvre de ce texte. Et nous n’aurons de cesse d’interpeller le Gouvernement afin que paraissent, dans les meilleurs délais, les mesures d’application qui demeurent en suspens depuis près d’un an.

Le 30 juin dernier, les parlementaires ont franchi un autre cap en votant, à l’unanimité, la création d’un registre national des cancers. Ce registre constitue une avancée majeure, pour mieux cartographier la maladie et comprendre ses disparités territoriales. La logique est simple : pour mieux soigner, il faut mieux savoir.

Enfin, conscients qu'un cancer bouleverse bien des familles, les députés ont voté, en septembre 2024, un texte structurant pour l’accompagnement des parents d’enfants atteints de cancer – un texte dont nous pouvons regretter qu’il n’ait pas, pour le moment, poursuivi sa navette parlementaire. Cependant, la loi ne peut pas tout. Vaincre le cancer est un combat auquel toute la Nation doit prendre part, en faisant vivre cette société de l’engagement que j’appelle de mes vœux.

Ce combat, c'est celui de nos soignants et chercheurs, qui sont nombreux à écrire dans vos colonnes et dont l'excellence est reconnue mondialement. Une excellence que j’ai pu mesurer sur le terrain, à l’Institut Gustave-Roussy, à l’Institut Curie, ou tout récemment à l’Institut Pasteur.

Ce combat contre le cancer, c'est aussi celui des associations. Et je tiens à saluer le travail d’intérêt général réalisé par Vaincre le cancer. En finançant des programmes de recherche, en sensibilisant sur le dépistage, en accompagnant des patients, vous êtes le visage de la fraternité et de l’engagement.

Nous avons de bonnes raisons d’être fiers. Fiers de vivre dans une nation où l’on ne nous demande pas notre carte bleue ou notre passeport avant de nous soigner. Fiers de notre excellence scientifique.

En 2003, au lancement du premier plan Cancer, Jacques Chirac déclara : « Le cancer ne sera pas vaincu en un jour. Mais, un jour, il le sera, parce que nous nous engageons et parce que tous les moyens nécessaires seront mis en œuvre (…). » Plus de 20 ans après, nous n'avons qu'un seul devoir : faire de cette prophétie une réalité.

La recherche progresse grâce à la mobilisation de tous

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