Les mécanismes conduisant à la fibrose dans la myélofibrose primitive : interview du Docteur Nadira RUZEHAJI

Le Docteur RUZEHAJI a rejoint l'équipe INSERM UMR-S 1197 dirigée par le Docteur Caroline LE BOUSSE KERDILES.

Les mécanismes conduisant à la fibrose dans la myélofibrose primitive : interview du Docteur Nadira RUZEHAJI

Une nouvelle perspective thérapeutique pour réduire la fibrose médullaire au cours de certains cancers du sang/leucémies

La myélofibrose primitive est une maladie/cancer du sang, qui conduit à une altération de la production des cellules sanguines et de leur tissu de soutien/fabrication dans la moelle osseuse. En effet, le prefixe « myélo » indique que la maladie affecte des cellules dans la moelle osseuse et le terme fibrose signifie la fabrication de fibres et de tissu cicatriciel dans ce même tissu, le rendant inefficace et conduisant à une altération profonde de leur production. La myélofibrose touche autant les hommes que les femmes et 200 à 400 nouveaux cas sont diagnostiqués chaque année en France. Elle peut survenir à tout âge ; cependant, les personnes atteintes de cette maladie sont généralement âgés de plus de 50 ans au moment du diagnostic.

La transplantation allogénique de cellules souches est à ce jour le seul traitement « efficace » connu pour la myélofibrose, mais elle ne convient pas pour de nombreux patients en raison du risque élevé de complications. Dans cette procédure, des cellules souches hématopoïétiques d’un donneur compatible sont transférées au patient afin de remplacer les cellules souches défectueuses. Or, avant l'injection de cellules souches, des doses élevées de chimiothérapie et ou de radiothérapie sont administrées pour éliminer toutes les cellules de la moelle osseuse pathologique. En général, le risque associé à ce traitement augmente avec l'âge et la présence d'autres états pathologiques qui peuvent altérer le fonctionnement des organes. Cette thérapie présente donc un risque plus élevé de décès chez les personnes âgées qui présentent plus fréquemment des problèmes de santé. De plus, si la greffe de cellules souches améliore très significativement la maladie des cellules sanguines dites hématopoïétiques, elle ne modifie pas certaines anomalies du tissu médullaire qui l’accompagnent.

De nombreuses études scientifiques ont été conduites afin de mieux comprendre la pathogenèse de la myélofibrose et d'identifier de nouvelles stratégies thérapeutiques. Récemment, aux États-Unis, la FDA (Food and Drug Administration) - l’équivalent de l’ANSM en France - a approuvé le premier médicament pour traiter la myélofibrose, appelé ruxolitinib (Jakafi), un inhibiteur d’une voie de prolifération (Voie JAK) souvent mutée chez ces patients. En France, des scientifiques, comme le Dr Marie-Caroline Le Bousse-Kerdilès rattachée à l'unité INSERM UMR-S1197 implantée au sein de l'Hôpital Paul Brousse à Villejuif (94), ont dédié toute leur carrière à étudier les néoplasmes myéloprolifératifs dont fait partie la myélofibrose primitive.

Grâce au financement attribué par l'association « VAINCRE LE CANCER-NRB », j’ai eu l'opportunité de travailler dans l’équipe du Dr Le Bousse-Kerdilès et j’ai pu bénéficier de son expérience étendue et de son réseau de médecins et de scientifiques établi partout en France et en Europe. L’objectif de mon travail était de mieux comprendre la pathogenèse de la fibrose dont le traitement reste très problématique. Cette difficulté à développer de nouveaux traitements est en partie liée au manque de modèles expérimentaux de fibrose médullaire humaine.

C’est pourquoi, notre groupe a développé un nouveau modèle de fibrose qui mime les événements moléculaires et cellulaires qui la caractérise. Le financement octroyé par l'association VAINCRE LE CANCER-NRB nous a permis de tester une nouvelle stratégie thérapeutique combinant différents inhibiteurs de l’activation du TGF-beta, une molécule clé du développement des fibres de collagène chartérisant cette fibrose. Cette stratégie a permis une forte diminution de la surproduction de protéines collagèniques responsables de la cicatrisation médullaire et conduisant à une atténuation du processus fibrotique. En dehors de l’intérêt de cette thérapie dans le cadre de la myélofibrose primitive, Il est vraisemblable que l'effet anti-cicatriciel que nous avons observé dans notre étude puisse être appliqué à d'autres processus fibrotiques qui affectent les organes tels que la peau, les poumons ou le foie.

A présent, nous nous apprêtons à partager nos résultats avec la communauté scientifique internationale, notamment à travers d’une publication dans un journal scientifique dédié à la recherche et au traitement des cancers du sang/leucémies. Je souhaite également présenter les résultats de cette étude lors d'une conférence internationale tenue à Melbourne (Australie) en Novembre prochain.

Je voudrais saisir l’occasion qui m’est offerte pour remercier tous les donateurs de l’association VAINCRE LE CANCER-NRB qui ont permis le financement de ces travaux. C’est véritablement grâce à votre générosité que nous pouvons continuer nos recherches et que nous arriverons à développer de nouvelles thérapies pour traiter ces cancers/leucémies.

Continuons tous ensembles !

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Le Professeur Claude Jasmin, Cancérologue et chercheur, Président du Conseil Scientifique de l’association à créé Vaincre le cancer oriente personnellement les travaux des scientifiques vers des thèmes porteurs. Son investissement, à la pointe de la recherche thérapeutique depuis plus de ...

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